lundi, juin 24, 2019

Testament Spirituel

TESTAMENT SPIRITUEL DE DON DIVO BARSOTTI

CELUI QUI CROIT VRAIMENT VIT AU-DELA DE LA MORT

AYEZ CONFIANCE

Ayez confiance ! La mort ne me fait pas peur, j’ai déjà vécu par anticipation une communion d’amour avec Dieu à travers ceux que j’ai aimés. Ayez confiance ! Dieu ne nous abandonnera pas. Ne vous préoccupez pas de l’effectif ; l’important est que vous soyez unis. Rappelez-vous que la vie religieuse est un engagement de foi en Dieu qui est présent et qui est l’Amour infini. Et c’est précisément pour cela qu’Il ne peut nous en donner la preuve tant que nous vivons dans la chair. Les consolations ici-bas ne sont qu’une aide pour que nous vivions, dans la foi, l’adhésion à Sa volonté. Voilà pourquoi je vous demande d’avoir la foi, une foi simple, pure mais grande. Dieu ne vous abandonnera pas. Vous vous êtes donné à Lui et Il vous a pris : vous êtes à Lui pour toujours. C’est un fait assez relatif que la charpente corporelle nous empêche de vivre ensemble. L’union avec Lui ne se trouve pas dans l’expérience sensible mais dans le Christ qui nous a unis à Lui et qui a voulu que nous formions un seul Corps avec Lui. Aimez l’Eglise, le sacrement visible de la Présence de Dieu ici-bas sur terre ! Soyez sûrs et convaincus de votre vocation et sachez la défendre. Je voudrais adresser à vous tous, particulièrement à ceux de vie commune, mon dernier salut, mes remerciements les plus chaleureux, les plus vifs et vous assurer que je n’abandonnerai personne. Je vous recommande d’être unis. Ne doutez pas, ne vous dispersez pas, ne vous découragez pas ! Dieu demande la foi car plus elle est vraie, plus elle est puissante. Rappelez-vous de la parabole de la graine de moutarde. Vous devez croire en Dieu qui vous a appelés. Moi je vous quitte en apparence. En réalité, je serai beaucoup plus avec vous qu’avant. Mais avant de croire en ma présence, vous devez être convaincus de celle du Christ qui vous a appelés et qui vous a unis entre vous. Rappelez-vous qu’une consécration à Dieu, l’union avec Lui ne devient réelle et sûre que dans l’union fraternelle avec ceux que Dieu unit à nous, dans la même vocation et sur le même chemin. Si vous vous dispersez, non seulement vous perdrez l’union mais vous perdrez aussi le Seigneur, ou tout au moins vous compromettrez gravement votre réponse au Seigneur. Toute la tradition chrétienne nous l’enseigne. Ce n’est pas à moi que vous vous êtes donnés mais à Dieu et Dieu vous a accueillis. Je m’adresse maintenant en particulier à vous tous qui êtes dans le monde, vous tous qui appartenez aux premières branches de la Communauté. Il s’impose à vous tous une plus grande certitude de votre vocation et de l’œuvre de Dieu que vous êtes appelés à réaliser à travers l’union entre vous. Je recommande surtout à ceux

qui ont plusieurs années de consécration d’être des exemples, de rester fermes dans la foi, d’être assurés que la Communauté est une œuvre voulue par Dieu, œuvre que vous devez réaliser avec simplicité mais persévérance, avec humilité mais aussi avec la certitude de répondre à un appel précis du Seigneur. Je vous recommande l’entente entre vous et l’obéissance aux supérieurs légitimes. Pendant que je suis sur le point de quitter cette vie, je me sens débiteur d’innombrables âmes qui, par leur exemple et leur amour, m’ont aidé. Elles ont illuminé ma vie, elles m’ont soutenu par leurs conseils, elles ont été patientes avec moi. Dieu m’a fait rencontrer de grandes âmes, Il m’a lié à elles par une profonde amitié et de la vénération. J’espère les retrouver toutes au ciel, là où la communion d’amour sera parfaite et éternelle. Ensemble avec Celui que j’ai essayé d’aimer par-dessus tout, Jésus Béni, je suis sûr que la Vierge Marie m’accueillera comme son fils ; Elle viendra à ma rencontre ; Elle aura déjà obtenu pour moi le pardon de tous mes péchés et de mes innombrables infidélités. Ensemble avec Jésus et la Vierge Marie, j’espère que les autres innombrables âmes auxquelles le Seigneur a voulu, dans le temps, me lier dans un rapport de paternité et parfois même de dépendance filiale, viendront aussi à ma rencontre. Je reverrais mes frères de sang, mon papa, ma maman ; mais c’est sûr que l’unité la plus vraie, la plus grande dans l’amour, dans mon union avec le Christ, se fera avec tous mes enfants. Je suis bien conscient de n’avoir pas été à la hauteur mais je sais qu’ils m’ont tout pardonné. Je n’ai reçu que de l’amour. Seul Dieu pourra récompenser chacun pour tout ce qu’il m’a donné. Que de grandes âmes il y a au sein de la Communauté à laquelle Dieu a voulu que nous appartenions ! Des âmes simples, humbles mais de grandes âmes. Qu’ai-je été pour elles, seul Dieu pourra le dire ! Je sais seulement que je devrais être beaucoup plus encore une image vivante de Celui que je représentais. Quelle immense communion d’amour sera ma vie au Ciel ! Mais cela ne me soustraira pas à la communion avec ceux que j’aurais laissés ici-bas sur terre. Cette communion sera avec le Père, avec le Fils et avec le Saint-Esprit ; au sein de la Très Sainte Trinité, nous tous ne serons plus qu’une unique hymne de louange, d’action de grâce et d’amour. « Ecoute Israël, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toutes tes forces. Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

Settignano, Août 1991

p. Divo Barsotti

25 avril 1914 – 15 février 2006