mardi, octobre 26, 2021

BEAUCOUP… OU PEU ?

«Avons-nous l’impression de trop en faire ? C’est à Dieu que nous devons répondre, à un Amour infini : tout ce que nous pouvons faire sera toujours peu si nous sentons vraiment que notre vie doit être une réponse personnelle à un Amour infini qui nous a voulu pour Lui».

Méditations sur la prière à Jésus – 1994

OSER L’IMPOSSIBLE

«Comme est plus intelligente et plus vraie la conception platonique que celle qui voudrait aujourd’hui la substituer ! En réalité, ce n’est pas la prière qui est aliénante, ce n’est pas la vie religieuse mais la vie du monde, tout rapport avec les choses et avec les hommes si ce rapport ne te reconduit pas, dans l’intime, à Dieu. C’est aliénant de manger, de boire, de dormir ; tout travail, tout événement dans lequel tu es entraîné est aliénant, même l’amour humain. Tout t’éloigne de ton centre intime ; rien ne te reconduit à toi-même. Ce n’est que dans l’acte dans lequel tu rencontres Dieu que tu te rencontres toi-même».

En Christ, Journal intime, 4 mars 1981

TOUT EST ALIENANT SI …

«Comme est plus intelligente et plus vraie la conception platonique que celle qui voudrait aujourd’hui la substituer ! En réalité, ce n’est pas la prière qui est aliénante, ce n’est pas la vie religieuse mais la vie du monde, tout rapport avec les choses et avec les hommes si ce rapport ne te reconduit pas, dans l’intime, à Dieu. C’est aliénant de manger, de boire, de dormir ; tout travail, tout événement dans lequel tu es entraîné est aliénant, même l’amour humain. Tout t’éloigne de ton centre intime ; rien ne te reconduit à toi-même. Ce n’est que dans l’acte dans lequel tu rencontres Dieu que tu te rencontres toi-même».

En Christ, Journal intime, 4 mars 1981

LES TROIS SILENCES

«Il y a d’abord le silence qui éloigne l’homme du tourbillon des pensées, ensuite le silence dans l’écoute de la Parole de Dieu qui t’appelle et finalement le silence qui établit l’homme dans le repos d’une communion parfaite».

Cent petites pensées sur la connaissance de Dieu, n° 92, page 98

CELUI QUI SAIT ECRIRE …

«Celui qui sait écrire sait emporter (embarquer) les gens. Je vous le dis, moi qui écris beaucoup : à partir de mes livres, les gens se font beaucoup d’idées sur moi et finalement, lorsqu’ils me connaissent, ils se rendent compte de qui je suis : un pauvre homme ! Je ne voudrais certes pas tromper les gens mais nous sommes naturellement portés, sans même nous en rendre compte, à nous rendre beaux par de belles phrases et de beaux discours».

Dieu seul et Jésus Crucifié (1988), page 15

DANS LE MIROIR DU CŒUR

« Dieu se reflète dans ton cœur dans la mesure de ta pureté et tu deviens image de Dieu. Dans le miroir de ton cœur, tu connais et vois Dieu ».

Cent petites pensées sur la connaissance de Dieu, n° 63, page 69

LA VERITABLE ET ULTIME PAQUES

«La fête de Pâques est certainement le rappel sacramentel de la Mort et de la Résurrection du Christ mais ce mystère ne pourraît être célébré si nous n’anticipons pas aussi la fin et la résurrection de toutes choses, la vraie Pâques, la Pâques ultime, définitive, lorsqu’autour de la table de Dieu se rassembleront tous les hommes, de toutes les races, de tous les temps, pour vivre la joie pure, immense de leur communion avec Dieu».

La Présence du Christ (1ère Edition)

LA VRAIE CONNAISSANCE DE DIEU

«L’homme ne peut connaître Dieu que dans la mesure où il est transformé en Lui. Toute autre connaissance de Dieu tend à transformer Dieu en l’homme, à réduire Dieu à la pauvreté de la créature, à la petitesse de l’homme».

Cent petites pensées sur la connaissance de Dieu, n° 79, page 85

CELA EST PRIERE

(Méditation sur la prière à Jésus – 1994)

Il faut éviter les malentendus lorsqu’on parle de prière continue. On dit que le travail est prière, que la souffrance est prière, on dit même que les études sont prière. Eh bien, le travail n’est pas prière, la souffrance n’est pas prière, ni les études. Seule la prière est prière et rien d’autre. En elle-même, la souffrance est souffrance, les études sont études, le travail est travail tout comme la prière est prière – il n’y aurait pas deux noms pour définir la même chose. Deux noms définissent deux choses différentes : si travail et prière, souffrance et prière, études et prière, signifiaient la même chose, ils n’auraient pas des noms différents.

Comment donc vivre une prière continue ? Prier, c’est vivre un rapport avec Dieu : l’âme doit vivre ce rapport. Comment le vivra-t-elle ? La prière même n’est pas prière si nous croyons qu’elle consiste en la récitation d’une formule ; la prière est plutôt un acte qui établit un rapport avec Dieu et fait en sorte que l’homme initie un colloque, un mouvement d’amour, vive son union avec Dieu.

La prière continue est le contraire de prières continuelles. La multiplication d’une formule, plutôt que réaliser la prière continue, semble la rendre impossible parce que la prière continue n’est pas une multiplication d’actes mais un état d’unité, de simplicité, de pureté. Toutefois, c’est à travers la multiplication d’actes qui fixent l’esprit en un contenu intelligent que la prière pure devient possible.

Il est certain que tout cela se réalise de manière plus consciente et plus pure par la prière habituellement dite, qui implique une parole qui est acte d’amour, d’humilité, d’abandon, qui implique une parole qui inclut l’acte de foi, d’espérance, de charité ; il n’est pas dit qu’un acte qui ne se traduit pas immédiatement en parole ne puisse pas établir un rapport, une union. Ce n’est pas nécessairement la parole qui établit l’union ; même le silence établit l’union lorsque l’amour est profond. Cela peut être un acte. Par exemple lorsque je rencontre une personne que je n’ai pas vue depuis un bon moment : je lui serre la main, je ne parle pas. La poignée de main établit un contact, réaffirme et ravive un rapport d’amitié, d’affection, d’estime … elle établit une union avec cette personne.

Ainsi, mon rapport avec Dieu, je le vis à travers la parole ; je peux le vivre à travers le silence, à travers des actes extérieurs. Même ce silence, ces actes sont prière s’ils établissent ce rapport ; par contre, je peux dire le rosaire sans prier si cela ne me met pas en rapport avec Dieu. Une maman qui souffre à côté du lit de son enfant malade vit un rapport avec son enfant à travers précisément sa souffrance, à travers l’œil qui le contemple ; le rapport peut aussi être établi par le contact de sa main que la maman serre sur son cœur, même lorsque la maman qui est loin et n’a d’autre rapport avec l’enfant que celui de la souffrance de le savoir loin, de ne pas pouvoir le voir, de ne plus rien savoir de lui. C’est dans cette souffrance que le rapport existe : la souffrance est véritablement le moyen par lequel elle vit le rapport avec son fils.

C’est ainsi qu’est le rapport entre un père et son fils lorsqu’il travaille pour lui, lorsqu’il peine, lorsqu’il s’échine pour obtenir les moyens de pouvoir lui faire faire ses études, de pouvoir l’éduquer, le nourrir : le travail du père est un acte à travers lequel le père vit son rapport avec son fils. Il ne le vit pas en parlant toute la journée avec son fils mais en travaillant pour lui. Nous pouvons souffrir et prier si la souffrance nous met en rapport avec Dieu ; nous pouvons travailler et prier si le travail nous met en rapport avec Dieu. Est prière l’acte qui met l’homme en rapport avec Dieu, qui établit ce rapport et le rend toujours plus intime et étroit.

En elle-même, nous pouvons le dire, même la prière n’est pas prière – c’est-à-dire, la prière en tant que récitation d’une formule, acte particulier de piété – la prière sera cet acte humain qui est expression de foi, d’espérance, de charité, où l’âme désire son Dieu et tend vers Lui, s’unit à Lui, L’étreint et L’aime.

C’est cela la prière.

Le Père